Son départ de l’EN, la situation actuelle des verts, ainsi que son probable retour en sélection, Vahid dit tout…

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À soixante-cinq ans, Vahid Halilhodzic ne vit toujours que pour le football. Après une carrière de joueur longue de seize ans ans et une autre d’entraineur qui s’étire depuis 1990, le célèbre technicien bosnien voue toujours une énorme passion pour ce jeu et il ne s’imagine pas prendre sa retraite. C’est ce qui en ressort du long entretien qu’il nous a accordé en ce début d’année.

Les déclarations marquantes du monde du football en 2017

Avec son franc-parler et sa spontanéité, l’ancien entraineur du PSG s’est confié sur son actualité avec la sélection japonaise, avec laquelle il s’apprête à disputer la Coupe du Monde en Russie, mais aussi sur son ambition personnelle pour le futur en passant par ses expériences passées, les bonnes comme les mauvaises. S’il s’est même attardé sur les erreurs qu’il a pu commettre, il préfère répéter qu’il assume tous ses choix. En somme, un « coach Vahid » plus ouvert que jamais mais toujours droit dans ses bottes et fidèle à ses principes.

Nous sommes à l’aube de 2018. Une année de Coupe du Monde et cela vous concerne. Dans quel état d’esprit l’abordez-vous ? Avec de l’excitation, de l’ambition, peut-être un peu de pression ou d’appréhension ?

Vahid Halilhodzic : La Coupe du monde est l’un de mes principaux objectifs. C’est la troisième équipe que je qualifie pour cette compétition en trois tentatives. C’est quand même une belle réussite. Je garde de très bons souvenirs du Mondial au Brésil avec l’Algérie. Et dans mon esprit, après la qualification pour la phase finale, j’aimerais bien qu’on réussisse la même chose avec la sélection du Japon.

On parlait de vos expériences comme sélectionneur. Il y a eu celle en Algérie (2011-2014), très réussie. Avec le recul, ne regrettez-vous pas de ne pas avoir poursuivi cette aventure ?

J’avais pris la décision de partir, avant même la Coupe du monde 2014. Parce que je n’étais pas content du comportement des dirigeants. Le peuple algérien, les responsables de la fédération et même des politiciens ont tout fait ensuite pour me garder, mais ma décision était déjà prise. À un moment donné, on avait construit une belle équipe pour préparer l’avenir. Malheureusement, ils n’ont pas su gérer l’après Coupe du monde. Cette sélection avait montré des qualités de jeu exceptionnelles, au point où on parlait du jeu à l’algérienne. Elle était efficace et c’était même devenu l’équipe africaine ayant marqué le plus de buts lors d’un match du Mondial (quatre contre la Corée du Sud, ndlr). Aujourd’hui, malheureusement, cette équipe est presque inexistante. Ils ont détruit tout ce qu’on avait fait pendant plusieurs années.

Algérie, autopsie d’une descente aux enfers

On imagine que le déclin de cette sélection vous attriste…

Oui, je suis un peu triste pour les joueurs. Il y en a plusieurs qui m’ont téléphoné depuis que j’ai quitté ce groupe. Parce que ce groupe était jeune et bien formé. Je vous rappelle que quand j’étais arrivé en Algérie, c’était aussi une période très délicate. Ils restaient sur une défaite 0-4 contre le Maroc. C’était presque un deuil national. C’était une catastrophe et on a ensuite construit pendant trois ans. On a beaucoup travaillé et on était tous récompensés avec cette belle représentation en Coupe du monde. Tout le monde a aimé. Et l’équipe d’Algérie a gagné beaucoup de sympathie pour son jeu. Par la suite, tout a disparu en très peu de temps.

L’équipe algérienne n’a en effet plus vraiment de fond de jeu, ni de ligne directrice malgré beaucoup de talents individuels…

Ah ça, je n’aime pas trop parler de ça. Je n’aime pas critiquer. C’est facile de le faire. Vous savez, quand je suis arrivé là-bas, beaucoup de gens ont critiqué aussi. Les journalistes, les spécialistes…On dit d’ailleurs spécialistes de foot, mais ils ne sont spécialistes de rien du tout. Et mon problème ce n’était pas tant les critiques sur le jeu, que ces déclarations qui n’étaient basées sur aucune vérité. On ne peut pas bâtir une grande équipe nationale en quelques mois seulement. C’est un travail de longue haleine. Même de plusieurs années. Malheureusement, cette sélection avait un grand potentiel, elle était devenue la meilleure équipe d’Afrique. Il y avait un bon groupe, avec des caractères particuliers, mais il y avait énormément de talent. Et aujourd’hui, cette sélection est inexistante et c’est bien dommage

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On ne sait jamais ce que l’avenir réserve, mais si la possibilité d’entrainer de nouveau cette équipe se présente dans le futur, vous seriez ouvert ? Ou avez-vous définitivement tourné la page de l’Algérie ?

(Il coupe). Ça c’est… Pour le moment, je suis totalement concentré sur la préparation de cette Coupe du monde en Russie avec le Japon. J’ai bien aimé faire cette aventure humaine et sportive avec l’Algérie, de même que celle avec le Japon. Après, on verra. J’ai déjà eu pas mal de contacts avec plusieurs équipes. Qu’est-ce que je vais faire ? Je ne veux ni me précipiter, ni penser à ça. On verra. En football, tout est possible. Tout peut changer. Comme je l’ai dit, dans mes choix, je n’ai pas toujours été judicieux et je n’ai pas fait que des bons. Mais il faut assumer cela. Dans mon parcours d’entraineur, ce qui m’a le plus plu c’est que partout où je suis passé, le peuple et la rue m’ont accepté. Ils m’ont adoré partout, que ça soit en Afrique ou en Europe. À Lille, au PSG, en Algérie… Partout, j’ai laissé une bonne image. Et ça, c’est ma plus grande satisfaction et ma plus grande récompense.

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