Belmadi: « Face au Bénin, je choisirai les joueurs les plus compétitifs »

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Le sélectionneur national, Djamel Belmadi a accordé une interview avant-hier soir à l’émission Gazelle Foot diffusée sur Radio Gazelle, qui émet en France, plus précisément à Marseille et qui est présentée chaque lundi par notre confrère, Sofiane Abidat. L’ancien coach d’Al-Duhaïl est revenu d’abord sur la conférence de la FIFA sur le Mondial à laquelle il a assisté la semaine passée à Londres et évoqué aussi son premier stage à la barre technique des Verts à l’occasion du match face à la Gambie. Une nouvelle fois, Belmadi a mis l’accent sur le manque de temps dont il a disposé pour préparer au mieux cette rencontre face à la Gambie, assurant qu’il a fait avec les moyens du bord afin de ramener un bon résultat de ce déplacement à Banjul. Questionné sur la double confrontation à venir face au Bénin en aller et retour pour le compte des éliminatoires de la CAN 2019, il a répondu : «Pour ce premier match face au Bénin à domicile, une nouvelle fois, je n’aurai pas assez de temps pour bien le préparer avec les joueurs. On aura seulement trois séances avant cette partie. On va essayer une fois de plus d’aller à l’essentiel. Je vais choisir pour cela les joueurs les plus compétitifs. Un match auquel j’ai beaucoup d’espoir.»
«Je n’ai pas eu ce privilège d’avoir des matchs amicaux pour donner à l’équipe l’identité de jeu que je veux mettre en place»
Djamel Belmadi a regretté le fait de ne pas disposer de matchs amicaux pour bien préparer ces joutes officielles de qualifications pour la CAN-2019 et donner à l’équipe sa valeur ajoutée : «Malheureusement, je n’ai pas eu l’avantage ou le privilège d’avoir en ma disposition des matchs amicaux pour inculquer aux joueurs mon idée du football et mettre en place l’identité de jeu espéré.»
«A domicile ou à l’extérieur, je ne vise que la gagne»
Une fois de plus, le sélectionneur national a indiqué que sa philosophie est simple. Pour lui, seule la victoire compte et rien d’autres : «Je suis un coach qui aime la gagne que ce soit à domicile ou à l’extérieur. Après, pour revenir au match face à la Gambie, les conditions étaient difficiles. Je pense que ça va venir. On travaille chaque jour, on ne perd pas la moindre minute.»
«A Banjul, on ne pouvait pas aligner trois passes»
Et justement, sur ce match disputé en Gambie, Djamel Belmadi a confié que le résultat nul n’était en fait pas si mauvais que cela en raison des conditions dans lesquelles la rencontre s’est jouée : «Le terrain était dans un état catastrophique. Il était quasiment impossible d’aligner trois passes de suite. Le coup d’envoi de la partie a été donné avec deux heures de retard. On nous a obligés à jouer. Le contexte était particulier, mais j’ai voulu en tirer que le positif. Les joueurs étaient motivés et ont voulu bien faire. On ne pouvait pas leur demander plus.»
«Ce qui s’est passé en Gambie, je ne l’ai jamais vécu»
Et d’enchaîner encore une fois :
«On savait qu’on allait avoir un terrain difficile, un environnement disons, folklorique. Il y avait aussi beaucoup de défaillances au niveau sécuritaire. Donc, au vu de tout ça, j’essaye de voir toujours le verre à moitié plein. On a tout de suite été dans le dur. J’ai pu mesurer à travers cette première expérience l’état d’esprit du groupe. De l’intérieur, croyez-moi, c’était très délicat. Moi, personnellement, je n’ai jamais vécu ça auparavant même lorsque j’étais joueur et je partais en Afrique. Il faut donc tirer chapeau aux joueurs.»
«J’ai essayé de créer une équipe en quatre jours !»
«Il est vrai que l’organisation et la mise en route du premier regroupement fut difficile. La préparation du match de la Gambie a été très courte. Je récupère les joueurs quatre jours avant la confrontation. En quatre jours, on doit résoudre plusieurs problèmes. On doit faire en sorte de créer rapidement une équipe, mettre en place une certaine osmose dans le groupe et c’est évidemment quasi-impossible, on est d’accord. Le temps est essentiel. Il faut un minimum de temps pour qu’on obtienne un fond de jeu et un style de jeu. Moi, j’ai été à l’essentiel. J’ai fait en sorte qu’on puisse avoir directement les bases élémentaires d’une équipe pour un match de qualification. Etre au moins bien organisé sur le terrain.»
«Etre sélectionneur, c’est savoir être juste dans son management»
Le coach national a évoqué sa présence à la conférence de la FIFA où il a été question d’analyser d’un point de vu technico-tactique la précédente Coupe du monde. Belmadi a expliqué avoir beaucoup appris de cette expérience, notamment de la part d’un certain Didier Deschamps, sélectionneur de l’Equipe de France :  «Tout techicien a des qualités et des défauts. Pour Didier Deschamps, sa qualité première, c’est son management, sa gestion du groupe. C’est un peu différent d’un driver d’un club où tu as à ta disposition le même effectif toute la saison. En sélection, tu dépends des dates FIFA. Il faut être très juste dans son management et il faut avoir une vraie expérience du groupe. Aller à l’essentiel. J’ai eu la chance de faire les deux, à savoir être coach d’un club, Al-Duhaïl et d’une sélection, le Qatar. J’ai pu mesurer qu’il y avait une différence dans la gestion d’un groupe. Deschamps a dit une phrase qui est lourde de conséquence et qui est pour moi très importante : «Sélectionner, c’est éliminer». C’est dur à entendre et c’est un peu cru, mais c’est la réalité.»
«Tout ce qu’a enduré Deschamps de la part de certains techniciens en raison de ses choix, c’est quelque chose qui m’interpelle»
Et d’ajouter :  «Dans sa liste des 23 pour la Coupe du monde, il yavait le cas Benzema, qui avait suscité beaucoup de débats. Le joueur avait gagné sa troisième Ligue des Champions de suite. Il joue dans l’un des meilleurs clubs au monde et il faut donc avoir le courage de ne pas le sélectionner. A la fin, on est obligés de tirer chapeau à Deschamps, puisque la France est devenue Championne du monde. C’est lui qui avait raison sur tout. Tout cela m’interpelle. Aller contre vents et marées et contre l’avis de beaucoup de techniciens qui se permettent d’intervenir et mettre le sélectionneur en difficulté de part leurs interventions régulières. C’est ça avoir une vision, un projet. Ça a rendu Deschamps au final très fort dans ce domaine.»

le buteur


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