EN: La concurrence et la gestion des remplaçants, l’autre défi de Belmadi

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Yacine Brahimi, star au Portugal, n’a pas été titularisé lors du 1er match face au Kenya. Incorporé à la 75ème minute, il n’a pas brillé. Au-delà du cas particulier (épineux ?) du milieu offensif algérien, la bonne gestion des remplaçants est essentielle pour un bon parcours en CAN. Toutes les sélections sont concernées mais l’Algérie, avec ses fortes individualités, doit particulièrement relever ce défi.

Des statuts à défendre
Les 23 de l’Algérie sont composés de 3 gardiens, 8 défenseurs, 2 milieux défensifs, 3 relayeurs, 4 milieux offensifs et enfin 3 attaquants. Entre les titulaires « indiscutables », les jokers de luxe ou encore les simples doublures, chacun doit comprendre et accepter son statut qui peut varier grâce à une saine concurrence ou à cause de blessures et suspensions. Pour les gardiens, même s’il manque de compétition (suite à une blessure contractée en Mars), Raïs M’Bolhi est incontestablement le portier numéro 1. Doukha et Oukidja ont de solides atouts à faire valoir rendant la hiérarchie difficile à connaitre. Le premier a rarement déçu avec les Verts tandis que le second sort d’une belle saison avec le FC Metz, champion de Ligue 2 française.
La concurrence au poste d’arrière gauche est ouverte
En défense, Atal et Benlamri sont indéboulonnables ! Ce dernier a pour doublure l’expérimenté Rafik Halliche qui constitue aussi la caution « grand frère » du groupe. Il saura remobiliser les troupes même s’il ne joue aucune minute. Zeffane, la doublure du phénomène Atal, peut aussi jouer à gauche. C’est son principal atout. L’autre joueur polyvalent du banc c’est Mehdi Tahrat. Le solide défenseur du RC Lens, titulaire avant sa blessure, revient de loin et sa présence dans l’effectif est inespérée. Il pourra suppléer Mandi ou même avoir un rôle de sentinelle pour dépanner. Le défenseur central du Bétis semble avoir regagné la confiance du coach lui qui le considérait seulement comme un latéral droit lors de sa prise de fonction. A gauche, Fares est le remplaçant de luxe de Bensebaïni et vice versa. L’un et l’autre sont presque interchangeables mais l’”Italien” est relativement plus offensif.
Au milieu, des choix limités
Plus qu’un « simple » rôle de sentinelle, il est demandé à Guedioura et sa doublure Abeid d’annihiler toute contre-attaque adverse quitte à monter haut pour cela. Face au Kenya, le milieu de Nottingham Forest a tenu bon alors que son remplaçant semblait manquer de rythme. Il est certain que l’un des deux sera toujours aligné. Le plus apte physiquement débutera. Feghouli et Bennacer sont irremplaçables et seront logiquement alignés lors de cette CAN. Il s’agira pour le coach Belmadi de ne pas les griller physiquement. Ainsi, seulement à ce titre, le jeune Boudaoui devrait avoir un temps de jeu limité malgré l’exclusion de Belkebla. Devant, Bounedjah est l’autre titulaire indiscutable de la sélection. Son abattage et son sens du but font de lui le numéro 1 et de loin. Sa doublure, le néo-international Andy Delort passe logiquement devant Slimani relégué au troisième plan. Ce dernier devra saisir la moindre opportunité qui lui sera présentée probablement face à la Tanzanie. A noter que les circonstances peuvent aussi amener Belmadi à opter pour une attaque à deux têtes. Dans ce cas le Montpelliérain, ou encore Belaïli, évoluera à côté du prolifique attaquant d’Al Sadd. Adam Ounas est le “super sub” de l’équipe.
Brahimi remplaçant, un choix fort de Belmadi
Mahrez occupera le flanc droit de l’attaque et aura la liberté de permuter avec Feghouli pour repiquer dans l’axe. C’est la star de l’équipe et Belmadi, en lui donnant le brassard, montre qu’il compte énormément sur lui. La titularisation de Belaïli, qui revient de loin, face au Kenya en a surpris plus d’un. Longtemps considéré comme un remplaçant, il avait même perdu des points après sa prestation moyenne face à la Gambie en mars dernier. Une demi-finale et une finale de coupe d’Afrique plus tard, le prodige oranais semble devenir le premier choix à gauche pour le sélectionneur national. Son profil plus « africain » répond parfaitement au choix tactique du coach d’un jeu plus direct, moins en possession sans parler de sa complicité évidente avec Bounedjah. L’ailier de l’ES Tunis ne pouvant jouant qu’à gauche, c’est donc Brahimi qui en fait les frais. L’ex-sélectionneur Gourcuff ne voyait Brahimi qu’en neuf et demi mais ce dernier n’avait pas adhéré durant la CAN 2015. On le voit mal l’accepter aujourd’hui, encore faut-il que le sélectionneur change son dispositif. Brahimi en relayeur ? Encore plus compliquée comme l’a démontré le match de préparation face au Burundi à Doha (1-1). Ainsi, même s’il parait bien luxueux de laisser le désormais ancien joueur de Porto sur le banc, Belmadi semble avoir tranché. Pour une belle aventure, Il est important que le groupe accepte dans les faits la règle connue de tous. Belmadi est le patron et décide qui joue, qui rentre et qui sort. La bonne humeur n’est pas indispensable mais les sautes d’humeurs et les états d’âmes sont interdits. Les stars d’hier doivent « digérer » leur statut d’aujourd’hui et garder en tête qu’une dizaine d’autres joueurs auraient aimé faire partie de l’aventure. Gérer son banc de touche sera un défi majeur du coach Belmadi pour aller le plus loin possible dans cette CAN.


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