Une légende algérienne souffle ses 83 bougies !

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L’illustre footballeur algérien, Rachid Mekhloufi, quatre-vingts trois ans aujourd’hui, se distingue par son parcours unique dans l’histoire du sport-roi. Né entre les deux guerres, il a fait ses premières armes lors des années sombres de la colonisation. Mais à force de persévérance et grâce à un talent hors pair, il a fait le bonheur de l’AS Saint-Etienne, de l’équipe de France ainsi que de la sélection algérienne. Fait peu commun dans les annales du football.

Pour beaucoup il demeure encore le plus grand joueur africain de tous les temps. Durant sa longue carrière de près de vingt ans, l’emblématique attaquant de l’AS Saint-Etienne des années 50 et 60Rachid Mekhloufi, a fait vibrer les férus du ballon rond en France, au Maghreb et en Afrique comme personne ne l’a fait avant lui.

Pétri de talent, doté de qualités techniques exceptionnelles, sa facilité et son aisance à réaliser les gestes les plus compliqués ont construit sa légende. Un génie qui a traversé les époques sans jamais se démoder.

Marquer le football africain c’est également servir son pays et son continent, en écrire l’histoire grâce à son talent. Et l’homme qui a offert ses premières lettres de noblesses à la grande AS Saint-Etienne n’a pas eu peur de tourner le dos à la gloire durant la lutte pour la libération, afin de défendre son idéal et servir son pays qui n’existait pas encore, mais qui était déjà le sien.

La légende de Mekhloufi a débuté au sein du club de sa ville natale, l’USM Sétif. Au-dessus du lot dès les équipes de jeunes, le «gamin en or» ne tarda pas à attirer l’attention des dirigeants de l’AS Saint-Etienne qui le recrutent en 1954 dès ses 18 printemps.

Son impressionnante palette technique, sa pointe de vitesse, sa créativité, son sens du but inné et son pied gauche de velours, lui permettent d’éclater rapidement au grand jour et de s’imposer comme étant le plus grand joueur algérien de son époque.

L’exercice 1956-1957 est le sien. Formant un duo d’attaque de feu en compagnie de l’illustre canonnier camerounais Eugène N’Jo Léa, ils marquent 54 buts à eux deux et offrent le premier titre de champion à l’ASSE. Un autre sacre de champion du monde militaire sous le maillot de l’équipe de France vient couronner la saison époustouflante de l’enfant de Sétif qui est présenté à l’époque comme un modèle d’une intégration fraternelle réussie, en pleine crise d’Algérie française.

Durant la guerre d’Algérie entre 1958 et 1962, et alors qu’une carrière exceptionnelle l’attendait en France avec notamment une participation au Mondial 58 en Suède qui lui tendait les bras, sa carrière prend une tournure totalement inattendue. Le chouchou du Chaudron surprend son monde en quittant l’AS Saint-Etienne pour rejoindre la Tunisie afin de participer à la création de l’équipe du FLN (Equipe du Front de Libération Nationale algérien) pour porter la voix du gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA).

Dès lors, il s’impose comme étant le footballeur de la Révolution, et le talentueux Mekhloufi sillonne le monde pendant quatre ans, disputant plusieurs matches de gala, et ce, afin de populariser la lutte de libération nationale algérienne (1958-1962).

En 1962, l’équipe du FLN se dissout avec la libération de l’Algérie. Le surdoué Fennec décide alors de retrouver le chemin des pelouses françaises. En décembre, et après une courte période de transition au Servette de Genève en Suisse, celui qui a entre-temps abandonné sa nationalité française pour redevenir algérien à part entière retrouve enfin son club de cœur, l’AS Saint-Etienne.

Le retour de l’ancien enfant chéri chez les Verts fut de nouveau fabuleux. Pendant six saisons, le buteur métamorphosé en meneur de jeu n’a cessé de régaler les fans stéphanois. Le brassard de capitaine au bras, il s’impose de nouveau comme étant l’un des meilleurs joueurs du championnat de France et se constitue un palmarès conséquent.

Artiste par excellence et chef d’orchestre d’une redoutable armada verte, il mena ses partenaires de la Ligue 2 à trois titres de champions de France(1964, 1967 et 1968) ainsi qu’un doublé historique à l’issue de sa dernière saison à Geoffroy-Guichard.

Elu meilleur joueur de Ligue 1 en 1964, 1966 et 1967, il demeure à ce jour le deuxième meilleur buteur de la prestigieuse écurie stéphanoise (151 buts en 315 apparitions toutes compétitions confondues) derrière l’illustre Hervé Revelli (209 buts) et devant le légendaire buteur malien Salif Keïta (140 buts).

 

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