Bilan sur les transferts de nos Algériens

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Suite à la clôture du marché des transferts, faisons un point sur les mouvements opérés par les internationaux algériens et ce qu’ils génèrent comme attentes.

Le mercato estival 2019 est fermé depuis une dizaine de jours. Comme ça a été le cas des précédents, il a été riche en opérations spectaculaires, en deals intéressants et aussi en mariages que personne n’a vu venir. Et pour nos internationaux algériens il n’y a pas eu exception. Que ça soit pour ceux qui ont été couronnés champions d’Afrique en juillet dernier ou ceux qui n’ont pas eu ce privilège mais qui se sont déjà invités à Sidi Moussa par le passé. Tout ce beau monde a été concerné par cette période folle, et bon nombre de nos éléments ont choisi de relever un nouveau challenge.

Signer pour un nouveau club est toujours un challenge excitant, mais pas sans risques. Tout en espérant le meilleur pour chacun de nos représentants, DZFoot a donc choisi de faire le point complet sur le mercato des Fennecs et aussi évaluer les choix qui ont été faits. L’idée n’est pas de porter des jugements ou faire des conclusions hâtives sur les chemins empruntés, mais seulement traduire les attentes générales suscitées, ainsi que les espoirs et les craintes engendrés.

Leur choix semble séduisant

Il a souvent été reproché aux Algériens de manquer d’ambition sportive ou de ne pas sauter sur les bonnes occasions lorsqu’elles se représentent. De fait, lorsque ces derniers se font remarquer en optant pour des destinations à même de les faire progresser, il serait inconvenant de ne pas le souligner. C’est ce qu’a notamment fait

Islam Slimani. En retrouvant à 31 ans un grand championnat européen après un passage par le Fenerbahçe, le deuxième meilleur buteur de l’histoire des Verts a montré qu’il avait toujours des objectifs élevés. Et l’ancienne idole du Stade de 20 août n’a pas rebondi n’importe où puisqu’il a choisi l’AS Monaco. Son aventure en Principauté a même parfaitement débuté vu qu’en trois matches, il a déjà marqué trois fois plus que tout au long de sa précédente saison à Istanbul.

Slimani n’a pas été le seul Algérien à faire preuve d’ambition sportive durant l’intersaison. C’est aussi le cas d’Ismaël Bennacer, la révélation de la CAN. Le nouveau métronome des Verts s’est engagé en faveur de l’AC Milan, un club au prestige incontestable même s’il ne traverse pas actuellement la meilleure période de son histoire. En Lombardie, le talentueux milieu de terrain a tout pour continuer à franchir des paliers et faire regretter à Arsenal de ne pas l’avoir retenu.

Par ailleurs, on notera aussi la décision judicieuse de Zinedine Ferhat de monter d’un niveau en France en quittant Le Havre et la Ligue 2 pour Nîmes et l’élite. À en juger par ses premières prestations avec les Crocos, l’ex-usmiste a été tout sauf impatient. Dans ce championnat, il pourrait peut-être croiser le très prometteur Hichem Boudaoui. L’enfant du Sahara a vu grand en quittant son cocon de Paradou pour l’OGC Nice. Avec en plus le poids du transfuge le plus cher de l’histoire de notre championnat, il n’a clairement pas choisi la facilité. À fortiori, au regard de son âge (19 ans). Toutefois, son potentiel et le contexte de travail dont il bénéficiera en terre azuréenne invitent à rester optimiste le concernant. Et puis, il ne sera pas totalement dépaysé puisqu’il pourra compter sur les conseils avisés d’Adam Ounas et de Youcef Atal.

Leur choix semble intéressant

D’autres internationaux algériens ont fait des choix qui sur le papier paraissent être bons, mais pour lesquels il convient d’attendre avant de se prononcer définitivement -et cela vaut finalement aussi pour la catégorie au-dessus-. On pense notamment à Ramy Bensebaini, qui s’est mis en danger en quittant Rennes pour la Bundesliga et le club de Moenchengladbach. Le natif de Constantine va devoir être à la hauteur pour espérer bousculer la hiérarchie au sein de cette formation.

Contrairement à Bensebaini, Adam Ounas a choisi de retrouver la Ligue 1. Barré par la concurrence à Naples, le meilleur réalisateur algérien de la Coupe d’Afrique a cédé aux sirènes niçoises. D’aucuns y verront un pas en arrière pour l’ancien bordelais, mais parfois il vaut mieux reculer pour mieux sauter. Et avec Patrick Vieira comme entraîneur et dans un championnat qu’il connait bien, il a tout pour se relancer.

Rachid Ghezzal est également en quête de rebond et c’est à la Fiorentina que l’ancien lyonnais a élu domicile. Une belle destination sachant qu’il sort d’une saison compliquée à Leicester. En Toscane, il pourra compter sur la présence d’une forte communauté francophone pour faciliter son adaptation. El Arbi Hilal Soudani a aussi changé de championnat avec l’objectif de retrouver le meilleur de son niveau. Ce dernier a quitté Nottingham Forest pour l’Olympiakos, en espérant laisser aussi derrière lui ses soucis de santé. En Grèce, il retrouvera une atmosphère comparable à celle qu’il a connue en Croatie. Malheureusement il ne jouera pas la prestigieuse Ligue des Champions, lui qui n’a pas été inscrit sur la liste des joueurs prenant part à cette cométition. Il ne sera, en outre, pas le seul Algérien de la formation hellène puisque Yacine Benzia évoluera à ses côtés. À l’instar de Slimani, ce dernier veut oublier sa saison blanche sur les bords du Bosphore.

On terminera par deux nouveaux sociétaires de la Ligue 1. Haithem Loucif, que beaucoup voient marcher sur les pas d’Atal, a répondu à l’appel d’Angers et de son président Saïd Chaâbane. S’il ne brûle pas les étapes, il peut prendre son envol avec le SCO. Enfin, Mehdi Abeid a quitté Dijon pour le FC Nantes. Le milieu de terrain va retrouver à La Beaujoire entrainement qui lui a offert sa première cape en Vert, en l’occurrence Christian Gourcuff. Il n’y a donc pas de raison pour que ça se passe mal pour lui chez les Canaris.

Nous terminerons par Adlène Guedioura, qui a choisi Al-Gharafa pour éventuellement finir sa carrière. A 33 ans, et vu qu’il n’entrait pas dans les plans de Sabri Lamouchi à Nottingham, il serait difficile de lui reprocher ce choix.

Leur choix semble curieux

Après une Coupe d’Afrique exceptionnelle et durant laquelle il a fait étalage de tout son talent, on attendait de Youcef Belaili qu’il s’engage en faveur d’un club de standing important où il sera en mesure de poursuivre sur sa lancée et rattraper le temps perdu. Finalement, il a choisi de lier son futur à l’équipe saoudienne d’Al-Ahli. Sans dénigrer ce championnat, il est difficile d’y voir une autre motivation que de vouloir se mettre à l’abri financièrement. À 27 ans, il a encore de belles années devant lui et on espère pour lui que cette étape dans le Golfe ne va pas perdurer.

Sofiane Hanni a aussi choisi de rallier cette région du monde en s’engageant avec Al-Gharafa. Celui auquel on promettait un avenir des plus radieux lorsqu’il évoluait à Anderlecht a vu en cette destination le meilleur moyen d’oublier son passage compliqué au Spartak Moscou. Et vu le contexte, on peut se demander s’il disposait vraiment de meilleures options.

Loucif et Boudadoui ont choisi la France pour continuer leur parcours et concrétiser leurs belles années à Paradou, Zakaria Naïdji, lui, a opté pour le Portugal. Le meilleur buteur du dernier exercice de la Ligue 1 algérienne a rejoint la modeste équipe de Gil Vicente. Ce n’est peut-être pas plus mal afin d’avoir du temps de jeu et progresser sereinement, mais vu ses qualités et peut-être aussi les noms de courtisans qui avaient circulé (CSKA Moscou, Bordeaux), on est en droit d’être légèrement déçus.

Pour finir, il y a le cas de Mohammed Benkhemassa, qui va évoluer en deuxième division espagnole avec Malaga. Il n’est pas sûr que ça soit une véritable progression par rapport à l’USMA, où il faisait partie des tauliers en jouant le haut de tableau ainsi que les compétitions continentales régulièrement.

Leur choix semble inquiétant

Il y a à peine quelques mois, le nom de Yacine Brahimi avait été mentionné dans les meilleurs clubs de Premier League. L’un des meilleurs joueurs algériens de sa génération était attendu pour franchir un nouveau palier après Porto et confirmer son ascension dans une carrière qu’il avait jusque-là assez bien gérée. Finalement, et contre toute attente, il a choisi cet été de rallier Al-Rayyan (4e du dernier championnat de Qatar). À seulement 29 ans ce choix interpelle forcément, même si les motivations principales de l’ancien rennais sont évidentes. Un retour en Europe n’est pas à écarter dans le futur, mais ça ne serait pas dans le sens de l’histoire puisque très peu de joueurs algériens (et de maghrébins en général) ont retrouvé le haut niveau du football européen après une escapade dans le Golfe.

Mehdi Tahrat n’a pas le talent de Brahimi et il végétait en deuxième division française la saison écoulée (à Lens). Cela étant, on voit mal comment il peut progresser à Al-Abha, un club saoudien totalement méconnu et qui va, de surcroît, batailler très certainement pour le maintien.

dzfoot


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