Interrogé par onze mondial, l’international Algérien, Hichem Boudaoui est revenu sur son passage, à l’académie du Paradou dans une longue interview. Voici un extrait lorsqu’il parle de sa formation.

Comment as-tu intégré l’académie du Paradou ?

J’ai participé à un tournoi organisé par le Paradou et un entraîneur de l’académie m’a remarqué. Il a ensuite parlé avec mon coach. Il lui a demandé si je pouvais venir faire des tests pour rejoindre le Paradou. J’ai effectué de nombreux essais. À l’académie, le critère numéro un, c’est la qualité technique. J’ai eu un peu de mal durant les tests, car j’étais habitué à jouer avec des souliers. Et au Paradou, il faut jouer pieds nus. Et ça, c’était particulier. Après deux mois d’essai, j’ai été retenu par les coachs.

Qu’as-tu appris en jouant pieds nus ? 

La maîtrise technique. Quand tu joues pieds nus, tu développes ton toucher de balle. De base, j’étais déjà bon techniquement avant d’arriver au Paradou. Mais à l’académie, j’ai énormément progressé.

Comment as-tu fait pour t’adapter dans ce nouvel environnement au milieu de jeunes arrivant de différents horizons ? 

Assez simplement. Tu sais, quand tu es calme, tout le monde t’aime et t’adopte très vite. Tout le monde voulait rester avec moi. Ma seule difficulté, c’était d’être loin de ma famille. Avec les autres jeunes venant d’un peu partout, ça se passait très bien. Ma personnalité était très appréciée des autres. J’étais calme, gentil, je respectais tout le monde, les autres voulaient m’aider et me mettre à l’aise pour que je me sente bien.

Peux-tu raconter le quotidien d’un jeune académicien du Paradou ? 

Le matin, on se rendait à l’école entre 8h et 10h. Ensuite, on avait entraînement à 10h30. La séance du matin était uniquement basée sur la technique : 45 minutes de jonglerie et 40 minutes de toro. On mangeait vers 12h30. À 13h30, on retournait à l’école pendant deux heures. Après, on avait une deuxième séance d’entraînement. L’après-midi, on faisait beaucoup de jeux, oppositions, des 4 vs 4, etc… En fin de journée, on avait le droit de récupérer nos téléphones pour appeler nos familles. À 20h, on prenait le repas avant de rentrer dans nos chambres. L’ambiance était parfaite. On était jeunes, on passait du temps tous ensemble dans les chambres à rigoler et à discuter. On venait de différentes régions de l’Algérie, mais on s’entendait tous très bien.

À quoi ressemblaient vos discussions ? 

On parlait de tout, on s’entendait tous bien, on rêvait tous d’Europe. On pensait tous à la même chose : faire une carrière en Europe. On se disait : « Toi tu aimerais jouer où ? », « Et toi ? ». On avait tous le même objectif. Moi, j’étais déterminé à accomplir mon rêve. Je bossais dur pour partir. Les entraîneurs nous accompagnaient comme ils pouvaient pour nous aider à atteindre nos objectifs, ils nous donnaient beaucoup de force. Ils nous répétaient : « Si tu travailles dur, tu vas y arriver » ou encore : « C’est le travail qui va te permettre de réaliser ton rêve ». Ils nous conseillaient beaucoup.

Comment as-tu tiré ton épingle du jeu par rapport aux autres ? 

Grâce à mon travail et mon sérieux. J’étais à l’écoute des entraîneurs et je faisais tout à fond ! C’est pour ça que j’ai bien progressé.

Le Paradou est réputé pour être l’un des meilleurs centres de formation d’Algérie. Qu’en dis-tu ? 

Je suis d’accord. De nombreux joueurs sont sortis de cette académie. Au Paradou, le travail effectué est remarquable. Malheureusement, en Algérie, il n’y a pas beaucoup de bonnes structures pour les jeunes. Au Paradou, tout est réuni pour qu’on réussisse. On était encadrés comme des joueurs professionnels. Le Paradou, c’est la meilleure académie en Algérie.

Paradou

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Hicham BoudaouiCredit Photo – Icon Sport

Te souviens-tu de tes débuts professionnels avec le Paradou ? 

C’était face à l’USM Alger, j’étais entré à la 70ème minute de jeu. J’étais un peu stressé. Après ma première passe, je me suis bien senti, j’étais plus relâché. À la fin du match, j’étais très heureux d’avoir fait mes débuts avec les pros. Après ce match, j’ai enchaîné. Plus j’accumulais du temps de jeu, plus j’engrangeais de la confiance. L’entraîneur me mettait à l’aise. Il me disait tout le temps : « Joue comme tu sais faire ».

Comment juges-tu le niveau du championnat d’Algérie ? 

Je n’ai pas beaucoup joué dans le championnat algérien, je n’ai joué qu’un an et demi. Je pense que c’est un bon championnat, mais je ne peux pas vraiment juger, car je n’ai pas assez joué en pro. Dès que je suis monté avec les pros, je n’avais qu’une chose en tête : « Travailleur dur, jouer, me faire remarquer et aller en Europe le plus rapidement possible ». Je ne voulais pas rester longtemps avec les pros en Algérie.

As-tu une histoire marquante à raconter concernant ton passage au Paradou ? 

En début de saison, pendant la préparation, j’étais posé avec une personne qui travaillait au club. On discutait et je lui ai dit : « Le championnat va démarrer, je vais faire une saison complète, je vais jouer tous les matchs et terminer avec 30 matchs complets ». Et lui, il m’a répondu : « Cette année, tu vas jouer deux-trois matchs déjà, ça va être bien ». Moi, je lui ai rétorqué : « Je vais faire 30 matchs ! ». Et lui a insisté : « Tu ne peux pas ». Il ne croyait pas beaucoup en moi, mais ce n’était pas grave, j’avais confiance en moi, j’étais concentré. Au final, j’ai joué 30 matchs et je suis parti (sourire).

Tu étais sous contrat professionnel. Qu’as-tu fait avec ton premier salaire ? 

J’ai aidé directement ma famille. Je leur ai tout donné. Je leur ai dit : « Faites-vous plaisir ou faites des travaux pour la maison ». C’était important pour moi de faire ce geste. Après avoir fait ça, j’étais hyper content. Encore aujourd’hui, j’aide ma famille, c’est normal. Je veux que tout le monde soit à l’aise.

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