Walid Berbagui était la tête d’affiche du championnat de National 2 après avoir évolué à des niveaux bien supérieurs.

 

Le joueur franco-algérien de l’AS Saint-Étienne (23 ans) a officialisé ce vendredi soir la fin de sa carrière de joueur.

Walid Berbagui, l’ailier gauche de l’ASSE qui a fêté ses 23 ans début janvier, avait laissé entendre que cette saison serait sa dernière comme joueur.

 » Malheureusement ma carrière de footballeur vient de prendre fin et c’est avec une émotion que je vous l’annonce officiellement », a-t-il expliqué dans un message posté ce vendredi soir sur Instagram. Plus de 10 000 likes et 400 commentaires de soutien, ont salué la carrière et surtout l’homme.

Berbagui Walid, bientôt 24 ans, a été stoppé par des blessures à répétition après plusieurs opérations méniscales.
Ancien joueur professionnel passé par le FC Rouen où il a fait ses débuts en 2004, puis le GCO Bihorel et l’AS Saint-Priest.

En 2013, il effectue un essai à l’Olympique Lyonnais, mais ne sera pas conservé. C’est finalement le club rival, l’AS Saint-Étienne qui décide de le reprendre et lui offre son premier contrat professionnel en août 2015.

Lors de la saison 2015-2016, il finit meilleur buteur du championnat de National 2 (ex-CFA1), avec 21 réalisations en 25 matchs. En mai 2016, il est victime d’une grave rupture du ligament croisé antérieur (LCA), du genou droit qui le rend indisponible pendant 8 mois. Walid Berbagui fait parti des réservistes de la liste des 23, aux Jeux Olympiques 2016 avec l’équipe nationale d’Algérie. Cependant, il est remplacé par Abdelhakim Amokrane à cause de sa blessure.

En 2018, il est contraint de mettre un terme à sa carrière sportive à seulement 23 ans à la suite de blessures à répétition.

DZBallon fait le tour d’une carrière stopper dans son élan prometteur :

Quel a été le moment le plus douloureux ?

J’ai eu des hauts et des bas mais cela fait partie de la vie d’un sportif. L’essentiel est de ne jamais baisser les bras. Le moment le plus douloureux a été bien évidemment la décision d’arrêter ma carrière de joueur. J’ai eu des blessures assez difficiles mais lorsque mon chirurgien, le Dr. Sonnery Cottet m’a annoncé qu’il va falloir stopper tout ça pour le bien de ma santé, ça m’a mis un gros coup à la tête… Cela fait 15 ans que je joue au football. J’ai toujours été dans le foot, je suis un réel passionné, je n’ai jamais triché dans ce sport peu importe le niveau dans lequel j’ai joué. Alors prendre cette décision a sûrement était la plus dure de ma vie.

As-tu des regrets ?

Le foot m’a laissé beaucoup de regrets et de déceptions, c’est pour cela aussi que j’ai arrêté. Après, je suis croyant et je me dis que c’était mon destin, c’est Dieu qui en a décidé ainsi. J’ai fait quelques erreurs d’agents, de présidents, d’entraîneurs. Moi, je pense que j’étais trop pressé. Dans la vie il faut être patient, on ne peut pas tout avoir tout de suite. J’avais beaucoup de talent et je me reposais là-dessus. Je pensais qu’avec mon talent, ça pouvait suffire. Alors que la vie ce n’est pas comme ça, il faut du travail, de la rigueur. Je voulais que les choses viennent directement. Si j’avais pu signer un contrat professionnel à 15 ans, j’aurais foncé ! »

« Ma rancoeur envers le milieu du foot est énorme »

Ce milieu du foot qui emporte avec lui quelques grands espoirs, c’est un portrait déjà dépeint plusieurs fois. Avec son lot d’agents véreux. Le mot « agent » irrite Walid Berbagui. Lui qui aimerait conseiller de jeunes sportifs en devenir ne veut même pas qu’on assimile cette potentielle activité à un travail d’agent. Histoire de ne pas réveiller de mauvais souvenirs.

« Depuis tout petit, je suis un passionné. Et dès que le business a pris le pas sur la passion, le cœur n’y était plus. Aujourd’hui, j’ai une grosse rancœur envers le milieu du foot. Elle est énorme ma rancœur. Le foot m’a procuré trop de tristesse, trop de dégoût dû à l’hypocrisie du monde du football. Maintenant, j’ai tout arrêté. Je n’ai plus touché un ballon. Je me suis éloigné du milieu du football pour reprendre mes études supérieures et me reconvertir dans un autre milieu professionnel. »

Quel a été le joueur le plus fort
avec qui tu as joué ?

J’ai côtoyé de nombreux joueurs avec beaucoup de talent. Je dirais Jonathan Bamba par rapport à son âge au moment où l’on jouait ensemble à l’AS Saint-Étienne. Avec sa qualité technique et sa vitesse. Maintenant, il joue à Lille il fait une très bonne saison, il mérite. Je rajouterais aussi Nabil Fekir, la classe à l’état pur.

Quel est l’enseignement principal que tu as retenu de toutes ces années de foot ?

Malgré l’hypocrisie du football, ce sport m’a permis de faire de belles rencontres un peu partout où je suis passé. J’ai pu aussi voyager et voir des cultures différentes. Mais bon l’enseignement principal je dirais qu’il faut rester soi-même, ne jamais abandonner et travailler. Le football est un sport magnifique qui permet de rassembler beaucoup de gens, de religions ou de milieux différents ouvert à tous. Il procure également des joies exceptionnelles, même si je trouve que l’on a perdu le plaisir de jouer tout simplement. Le football moderne a perdu son charme, c’est devenu trop un business, il y’a trop d’argent. C’est dommage car cela ne reste que du sport. Il y a des choses plus importantes ou plus graves dans la vie, donc il faut savoir relativiser, pour ne pas dégrader inutilement l’image de ce sport. Pour finir, je dis seulement al hamdulillāh je remercie Dieu pour avoir connu tout ça.

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