Rabah Saadane donne son avis sur la sélection actuelle

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L’ancien sélectionneur de l’EN, Rabah Saâdane, est revenu sur les deux dernières déconvenues enregistrées face à la Zambie dans cette double confrontation comptant pour les éliminatoires de la Coupe du monde 2018.  Dans des déclarations accordées à El Heddaf TV, Saâdane refuse de faire endosser toute la responsabilité de cet échec aux joueurs. D’emblée, l’ex-driver des Verts estime que l’absence d’un projet sérieux au sein de la Fédération algérienne du football est la cause du marasme que traverse depuis quelques années déjà le sport roi en Algérie. «Franchement, on ne s’attendait pas à un tel résultat de l’Équipe nationale dans ces deux matchs contre la Zambie, surtout que nous  possédons une sélection composée  de joueurs de haut niveau.  Ces résultats viennent confirmer que des choses ne tournent pas rond et qu’on doit bien étudier ce qui arrive à la sélection nationale depuis l’entame de ces éliminatoires CM 2018.»
«Quand on ne maîtrise pas la langue, on ne peut sensibiliser ses joueurs de manière efficace» 
En homme d’expérience, l’ex-stratège de l’épopée d’Oum Dourman pense justement d’ailleurs que le joueur algérien a besoin de motivation constante avant un match décisif et estime que lorsque un entraîneur ne maîtrise pas la langue le message n’arrive pas de manière assez forte et intense. «Le manque d’engagement des joueurs est un tout. Ça ne relève pas uniquement des joueurs. C’est pour cela que j’avais dit que quelles que soient les compétences de l’entraîneur Alcaraz, je crois qu’il a un grand problème pour transmettre le message, notamment sur le plan psychologique et motiver ses joueurs avant un match important. C’est difficile pour lui aussi de les sensibiliser et leur parler de l’importance des couleurs nationales, pour espérer tirer le maximum de ses joueurs. Ce discours est important avant un match et quand la langue fait défaut, ce n’est pas facile de faire comprendre parfois à tout le monde l’importance de porter le maillot de l’Algérie.»
«L’instabilité au niveau de la barre technique empêche l’EN d’évoluer»
Inteprellé sur les raisons de ce marasme qui frappe notre football depuis quelques années, Saâdane, lucide, déclare : «Je crois que c’est le manque d’une politique à long terme de développement et l’instabilité au niveau des entraîneurs qui empêchent notre football d’évoluer.  On a ramené un entraîneur qui ne connaît pas le football algérien et qui ignore le contexte du football africain. Moi personnellement lorsqu’on m’a demandé mon avis, j’ai dit que cet entraîneur avait besoin au moins de 6 mois pour s’acclimater aux conditions de travail chez nous et s’arrêter sur le niveau des joueurs. C’est pour vous dire que quel que soit son niveau et sa compétence, il ne peut  donner des résultats rapides surtout s’il ne connaôt pas notre football.»
«L’élimination est due à la mauvaise entame de ces éliminatoires» 
Pour Rabah Saâdane, le fait d’avoir été versé dans un groupe relevé demandait une meilleure préparation des premiers matchs disputés dans ces éliminatoires. Chose que les Verts ont complètement ratée. «Je pense que nous avons été éliminés dès le premier match, on a très mal préparé l’entame de ces  éliminatoires CM 2018. On a mal préparé le match du Cameroun et ce sont les répercussions de ce qui est arrivé depuis cette rencontre que nous subissons. Après, on a aussi perdu contre le Nigeria et cela a scellé nos chances d’aller en Russie.»
«Je ne peux dire si le maintien d’Alcaraz est une bonne ou mauvaise chose pour l’EN» 
Voulant savoir si la décision du président de la FAF, Kheïreddine Zetchi, de maintenir l’entraîneur espagnol, Lucas Alcaraz, était une sage décision, Rabah Saâdane s’est abstenu de faire trop de commentaires mais donne les raisons qui ont poussé Zetchi à agir de cette manière. «Je ne peux répondre à cette question, il y a des responsables au sein de la Fédération algérienne de football qui savent ce qui se passe dans la maison. J’ajoute que le fait d’avoir fait signer un contrat de deux ans à cet entraîneur met la FAF en position inconfortable par rapport à un éventuel changement. Il faut alors penser aux indemnités que cet entraîneur demandera en cas de résiliation de contrat et la FAF payera très cher cette décision. Donc, je crois que les responsables savent où réside l’intérêt de l’Équipe nationale et c’est à eux de prendre la décision qui s’impose. Maintenant, c’est toujours bien de choisir la continuité et la stabilité.»
«Le problème n’est pas uniquement d’ordre technique, il est aussi organisationnel» 
Avant de clore son intervention sur El Heddaf TV, Rabah Saâdane a tenu à donner quelques conseils de sage pour sortir de la crise. «Le problème n’est pas uniquement technique, c’est plutôt une affaire d’organisation. Le football algérien est malade. On nous parle de professionnalisme mais tout est faux. Je crois qu’on est arrivés à un moment crucial où les responsables doivent s’attabler et poser les vrais problèmes sans jeter la responsabilité sur une telle ou telle personne. C’est la faute à tout le monde, l’erreur est toute simple, on ne travaille pas à long terme. On n’a pas de projet ni de stratégie à long terme, la preuve, on a réalisé quelques exploits mais on n’a pas su bonifier ces bons résultats, on a commis beaucoup d’erreurs. On est restés combien d’années sans donner un entraîneur national capable de prendre la sélection en main !»


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