EN: Faouzi Ghoulam explique enfin pourquoi il n’a pas joué la CAN

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Faouzi Ghoulam s’est enfin exprimé à propos de son absence à la dernière CAN 2019. Le latéral gauche de Naples raconte tout dans cet entretien exclusif accordé au Buteur, et brise le silence au sujet de son avenir en sélection.  Ghoulam revient aussi sur ses projets avec sa fondation et revient en détails sur ce voyage offert aux enfants défavorisés des quatre coins du pays. Entretien !

L’Algérie champion d’Afrique, racontez-nous un peu comment vous avez vécu cette consécration dans la peau du supporter ?
J’ai vécu cela en 2010, c’est vrai qu’il y avait un problème pour voir tous les matchs en direct car au niveau du club on était souvent à table à l’heure des diffusions des rencontres, mais on suivait de près. Mais j’arrivais à tout revoir et suivre les performances de très près.  A Naples, ils étaient partagés, car il y avait Adam Ounas et moi, d’un côté, et Khalidou Koulibaly, de l’autre. C’est pour cela que j’ai dû m’enfermer dans ma chambre seul pour suivre les matchs, mais en finale et après la victoire mes amis à Naples ont bien entendu mes cris de joie à l’hôtel.
Vous étiez bien comblé, n’est-ce pas ?
Oui, c’était un plaisir de voir cette Equipe nationale triompher. Surtout dans le contexte où on était dans le pays. C’est vrai que mes amis ont réussi à apporter de la joie et de la bonne humeur au peuple après ce sacre africain. Soub’hane Allah, c’est tombé au bon moment, c’est-à-dire à l’heure où le peuple en avait vraiment besoin pour ramener un peu d’espoir, c’est comme ça qu’on doit se comporter et donner la meilleure image de notre peuple à travers nos exploits sur le terrain et les actions qu’on peut mener justement en faveur de cette jeunesse afin de lui permettre de découvrir autre chose en Europe, bien entendu, chacun selon ses moyens.
L’exploit est énorme, on l’a ramené d’Egypte quand même…
Ecoutez, j’ai joué plusieurs CAN à l’extérieur et je suis bien placé pour dire que ce qu’on a pu faire est quelque chose d’exceptionnel en gagnant une Coupe d’Afrique en Egypte, qui était pour moi la meilleure équipe africaine des 10 ou 20 dernières années, pour avoir remporté des CAN à la maison et à l’extérieur. J’espère que ça continuera sur cette dynamique
Les supporters veulent savoir maintenant les vraies raisons de l’absence de Ghoulam à la CAN, et ils sont nombreux à croire en votre apport, vous pouvez nous en parler ?
Oui, bien sûr ! Maintenant, je crois que si, je peux le faire, c’est avec vous, car vous avez toujours rapporté fidèlement mes propos. Alors, comme tout le monde le sait, j’étais à l’arrêt depuis plus d’une année et demie, je n’ai pas joué un match, donc c’était compliqué pour moi de rattraper le temps perdu. Après, j’avais connu des moments délicats et j’avais besoin de revenir physiquement. Pour moi ç’a été toujours un plaisir et un honneur pour moi de venir jouer pour l’Equipe nationale.  Comment ne pas l’être alors que j’avais joué pour l’Algérie parfois blessé, mais là pour la suite de ma carrière j’ai dû faire l’impasse sur la CAN car physiquement je n’étais pas prêt. Je n’étais pas apte à faire une compétition de ce niveau.
Pourquoi n’avez-vous pas voulu communiquer à l’annonce de la liste de Belmadi ?
Je n’ai pas voulu communiquer avant la CAN car je ne voulais pas créer de polémique, la sélection avait besoin de calme et de sérénité pour bien préparer ce grand rendez-vous.  Je ne voulais pas aussi créer de faux débats car parler dans la presse ne servait à rien du tout si ce n’est perturber le travail du staff qui avait aussi besoin de plus de tranquillité dans cette période très délicate.
Certains ont quand même mal interprété votre silence…
Et après ! l’intérêt commun passe avant l’intérêt personnel. C’est la sélection, parler, c’était polluer l’ambiance et l’EN n’avait pas besoin de ça. Cela ne me ressemble pas du tout. Voilà donc pourquoi je n’ai pas voulu m’exprimer surtout que l’ambiance au sein des Verts était saine et les joueurs qui étaient là avaient bien besoin de soutien, j’ai tout fait pour éviter toute chose négative pour le groupe et Hamdoulillah, grâce à un état d’esprit sans faille, on a réussi à ramener cette Coupe d’Afrique.
Surtout qu’on a raté un grand joueur comme Meghni à cause d’une blessure qu’il aurait pu soigner en faisant l’impasse sur la CM 2010…
Voilà, parfois on ne peut pas tout dire pour préserver le groupe. Vous savez, le problème était physique, c’est au-delà du mental, voilà donc je n’ai pas voulu donner d’explications avant la CAN par respect à mes coéquipiers et notamment les joueurs qui ont été convoqués à mon poste, car parler et dire des choses que les gens peuvent mal interpréter pouvait les mettre en difficultés et détériorer leur position en sélection. A vrai dire, ils ont prouvé qu’ils méritaient d’être là et ils ont fait une très bonne CAN comme tous les joueurs d’ailleurs et tout le groupe, et je dirais qu’ils méritent encore d’être là
Bennacer au Milan AC, un joueur que vous avez bien présenté à son arrivée en Serie A ?
Pour moi ce n’est pas une surprise, je le connaissais déjà, je l’ai vu évoluer à Empoli et c’était très fort ce qu’il faisait, les qualités sont là, mais réussir dans des grands clubs en Italie demande beaucoup plus de force mentale, et Isma les avait déjà depuis un moment déjà. C’est un joueur focus sur le football, c’est un très grand professionnel. Il est dans un grand club comme Milan, et il doit se battre encore plus pour s’imposer définitivement dans ce club.
Islam Slimani aussi fait des ravages en France…
Sincèrement, Islam Slimani est un peu comme Hilal Soudani, il s’agit de deux joueurs qui sont partis du bled, ils ont choisi la difficulté alors qu’ils avaient l’opportunité de gagner mieux en Algérie, seulement ils sont partis à l’étranger pour s’imposer. Après, ce que fait Islam à Monaco est une fierté, maintenant, depuis qu’il est en Ligue 1 je regarde un peu plus les matchs pour suivre ses performances à Monaco. C’est un très grand buteur, c’est l’un des meilleurs attaquants que l’Algérie ait jamais connu.
Avez-vous eu vent des critiques que vos camarades avaient essuyées avant la CAN, c’est vrai que cela peut anéantir le moral ?
Bien sûr, après on a toujours vécu comme ça, il y a beaucoup de joueurs qui ont été critiqués, mais je n’ai pas douté de la réaction des joueurs même si c’est vrai que l’EN avait besoin de tranquillité. Le problème est que certaines critiques font mal, on est des Algériens, on aime notre pays comme vous l’aimez. On a nos familles qui sont touchées, les gens ne se rendent pas compte des insultes qu’on subit et qui font mal à nos parents. C’est surtout ça car voir sa famille malheureuse vous rend sûrement malheureux. La critique ça passe dans le domaine du football, mais dénigrer gratuitement c’est méchant, il faut nous éviter cela en tant que joueurs.
Rafik Halliche a tiré sa révérence en équipe nationale, un mot sur la carrière de votre camarade ?
C’est vrai que je n’ai pas voulu être bavard après la victoire de l’Equipe nationale, si ce n’est mes félicitations à mes camarades et montrer ma joie et ma fierté de ce sacre, mais pour Halliche je ne pouvais rester insensible. C’était un grand joueur et un meneur d’hommes hors pair en sélection. Il faisait partie de cette génération 2010 qui nous a accompagnés et aidés à prendre le relais, c’est un homme exceptionnel et un très grand joueur. Il aurait pu faire une meilleure carrière, mais je le dis en toute objectivité : Halliche est l’un des meilleurs joueurs avec qui j’ai évolué dans ma carrière.
L’Afrique donne de grands joueurs Mahrez, Mané, Khalidou et vous-même, qu’est-ce qui manque pour rivaliser avec Ronaldo et Messi pour le Ballon d’Or ?
C’est vrai que Ronaldo et Messi sont intouchables.  Ils sont sur une autre planète, après, il y a eu aussi Didier Drogba et Yaya Touré qui méritaient de figurer au moins dans le top 10 du gotha mondial, mais malheureusement ils n’y figuraient que rarement. Maintenant on a Sadio Mané, Mohamed Salah, Khalidou Koulibaly et, surtout, Riyad Mahrez, mais le problème peut-être que nous les Africains avons moins de considérations que les joueurs européens et sud-américains. Mais bon, ç’a toujours été comme ça. Le football africain est sous-évalué, c’est une vérité, il faut le dire.
 Le peuple algérien espère revoir Faouzi en sélection, rassurez vos fans…
Oui, Hamdoulillah, ça va mieux, comme je l’ai dit. Cet été, j’ai pris le temps de bien revenir et consolider les muscles, ce qui n’était pas évident après une longue absence. Maintenant, je reviens bien, malgré ce petit pépin à la cuisse qui m’a empêché de jouer contre l’Atalanta Bergame. Hamdoulillah, il n’y a rien de grave. Maintenant, je leur dis que j’ai besoin d’enchaîner les matchs avec Naples Inch’Allah pour pouvoir postuler de nouveau à une place en Equipe nationale, je ne renoncerai jamais à la sélection de mon pays, soyez rassurés. C’est aussi l’éducation que j’ai reçue de mes parents.
Le joueur du MOB, Bellal, était dans le coma, un mot peut-être pour ce joueur victime d’un télescopage avec un camarade à l’entraînement ?
Vous voyez le métier qu’on fait, ce n’est pas toujours la fête comme quoi même à l’entraînement on peut se faire très mal.  J’espère que ce joueur reviendra vite à sa famille. Comme je l’ai dit comme quoi il n’y a pas de métier sans le moindre risque.  On est tout le temps exposé au danger. Tout ce que je peux lui dire, c’est de lui souhaiter un prompt rétablissement et de revenir assez rapidement à la compétition.  Le plus important c’est la santé.
On n’arrête pas de me demander à travers les réseaux sociaux de vous poser une question particulière, pourrais-je me le permettre ?
Oui allez-y, je sais que l’intention est bonne de votre part…
« Wa3lache Makherejt’hach la touche ? »
(Il rit franchement.) Vous le saurez bientôt, non, on a fait quelque chose d’assez marrant qui sortira dans quelques jours. Sincèrement, cela s’est passé depuis quelques années et on m’en parle encore. C’est devenu amusant même si au début ce n’était pas vraiment une plaisanterie. Je prépare un truc que je vais bientôt diffuser, et le peuple aura le plaisir d’apprécier cela.
Peut-on en savoir plus ?
Vous le saurez au bon moment, c’est un truc sympa, c’est devenu tellement marrant qu’on a trouvé important de faire un truc sur Youtube, Inch’Allah, dans les prochains jours.
Qu’en est-il des projets de votre fondation ?
J’espère renouveler cette action assez rapidement. On a beaucoup de projets qui sont en chemin, en faveur des enfants, Inch’Allah. C’est vrai qu’avec ce qui se passe au pays c’est difficile de concrétiser mes projets mais la fondation Ghoulam va se battre pour réaliser tout ce qui est réalisable. On essaye de bien faire les choses et je vais encore m’impliquer plus pour les enfants de mon pays, franchement, ça me tient à cœur.
Un dernier mot pour le peuple algérien…
Je sais qu’on est dans une période difficile avec ce qui se passe tous les vendredis, c’est quelque chose qui me rend fier. On donne un exemple de civisme au monde entier. Mes amis ici à Naples sont ébahis de voir comment les manifestations se déroulent chez nous comparativement à la France. Pour eux c’était exceptionnel, car on connait la fierté de l’Algérien, mais on a montré qu’on pouvait revendiquer nos droits en restant solidaires, unis et disciplinés. Franchement, c’est ces choses-là qui nous rendent fiers d’être algériens.
C’était un plaisir, Faouzi, on espère commenter vos exploits sur le terrain…
Un plaisir partagé, je veux dire aussi aux supporters de l’Equipe nationale que je ferai tout pour revenir à mon meilleur niveau, leur soutien et leurs messages m’aident beaucoup à revenir et à très bientôt, Inch’Allah !

le buteur


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